samedi 23 juillet 2016

Il faut défendre les institutions

Plus on crie à l'horreur après les attentats, plus on se livre à des « hommages aux victimes », plus on suscite le terrorisme auquel on prétend faire la guerre.

Il ne manquera jamais en effet d'esprits faibles pour qui l'apothéose meurtrière et suicidaire peut apparaître comme le moyen d'exister enfin, d'avoir son nom imprimé dans les journaux, sa personne analysée dans les médias.

Celui qui se « radicalise » fait peur comme le faisait naguère un SS. Il se sent important aux yeux des autres et, surtout, à ses propres yeux. La religion n'est alors qu'un prétexte : le dernier de ces crétins, celui de Nice, n'avait paraît-il jamais mis les pieds dans une mosquée.

La cible des terroristes, ce ne sont pas les victimes qu'ils font au hasard, c'est le patrimoine des institutions dont l'histoire a doté notre pays.

La police et les services de renseignements vont bloquer certaines tentatives mais ils ne pourront pas les bloquer toutes. Il se produira donc d'autres attentats – il s'en produira d'autant plus que nous aurons, par notre comportement, suscité davantage de vocations parmi les imbéciles.

lundi 18 juillet 2016

L'écart entre logiciel et logique

J'ai longtemps cru que le logiciel était logique, car il appartient au monde de la pensée alors que la matière dont sont faits les processeurs, mémoires et réseaux est soumise aux aléas du monde de la nature (transformation de la structure cristalline, effets du rayonnement cosmique, etc.).

Mais les logiciels qu'une DSI achète à des fournisseurs (systèmes d'exploitation, « progiciels », ERP, CRM, etc.) sont-ils vraiment des êtres logiques ?

La plupart sont un assemblage de composants « boîte noire » dont on ne connaît que les interfaces d'entrée et de sortie (les « API ») et que l'on aura collés ensemble avec une « glu » de code.

Nota Bene : Cette description est encore trop optimiste. Si les diverses parties du logiciel étaient des boîtes noires elles seraient isolées les unes des autres et on pourrait, en procédant à des tests, explorer leur comportement. En fait le code est au moins en partie accessible et il peut donc se trouver modifié par quelqu'un qui le comprend mal. Le logiciel est alors une sauce aux ingrédients mal identifiés et qui présente des interactions surprenantes.

Un exemple fameux est celui de la faille SSL de Linux : un intervenant a supprimé un passage dont il ne comprenait pas l'utilité et cela a réduit de façon catastrophique l'entropie cryptographique. Il a fallu dix-huit mois pour que cette bogue soit découverte.


Si le logiciel est un produit de la pensée, il s'agit d'une pensée en cascade dont la compréhension ne se transmet pas d'un étage à l'autre : cela le rend aussi complexe qu'un être naturel ou matériel.

jeudi 14 juillet 2016

À l'horizon : une histoire courte

Anne Papillault et Jean-François Dars publient sur le Web des Histoires courtes, courts romans-photos de la recherche.

La soixante-dix-septième Histoire courte ("À l’horizon") vient d'être mise en ligne. Elle est consacrée à l'iconomie.

Le lien vers toutes les histoires courtes est http://llx.fr, le lien vers celle-ci est ici : À l’horizon.

Pour respecter le format d'une Histoire courte Dars et Papillault ont dû réduire le texte. Vous trouverez ci-dessous le texte complet.